J’ai découvert la lithothérapie il y a environ deux ans. À l’époque, je m’y suis intéressée sans vraiment approfondir. C’est arrivé là, comme par concours de circonstances, par coïncidence, ou parce que c’était simplement le moment.
Un an plus tard, dans une période où j’étais en perte de repères, en questionnement profond et en pleine remise en question de ma vie et de mes choix — mais aussi confrontée à des sensations que je n’arrivais pas à expliquer — je me suis naturellement tournée vers les bienfaits que pouvait m’apporter la lithothérapie.
Sans chercher à tout comprendre immédiatement.
La première pierre que j’ai réellement choisie fut une aigue-marine. Je ne saurais pas dire exactement pourquoi. J’avais pourtant « potassé » les différentes vertus de certaines pierres en fonction de ce que je souhaitais travailler, mais surtout apaiser à ce moment-là.
J’ai eu la chance d’être accompagnée. Le meilleur accompagnement qui soit : ne te renseigne pas trop, vas-y, touche, ressens… et tu verras.
Alors j’y suis allée. J’ai touché, j’ai ressenti, j’ai pris le temps. Et je ne sais pas vraiment pourquoi, mais c’est une petite aigue-marine rugueuse, sous forme de petits rondins facilement manipulables entre les doigts, qui m’a marquée.
Je n’ai pas vraiment d’explication. Peut-être sa couleur, ce bleu-vert clair doux, comme quelque chose d’apaisant pour le regard. Peut-être sa texture rugueuse, comme un rappel de la matière brute qui se fige. Peut-être aussi simplement l’intuition, ce moment où l’on sent qu’un objet nous attire avant même que le mental n’essaie de lui donner une explication.
Ce qui est certain, c’est que cette première rencontre a ouvert une petite porte.
Pas une révélation spectaculaire, ni une croyance soudaine. Plutôt une présence discrète qui s’est installée au fil du temps.
Un objet réconfortant.
Je ne suis pas arrivée à la lithothérapie avec l’idée que les pierres auraient un pouvoir particulier sur moi. Ce qui m’a touchée n’est pas tant une théorie qu’une sensation très simple : le fait de tenir une pierre dans la main, de sentir son poids, sa texture, sa température.
Mais il est indéniable de préciser qu’en regardant les vertus des pierres choisies après coup… ça tape souvent dans le mille.
Dans un quotidien où mon esprit peut facilement s’emballer, où les pensées peuvent se multiplier très vite et parfois devenir envahissantes, certains petits gestes prennent une place particulière. Pour moi, cela se traduit souvent par la mise en mouvement, ou par le positionnement précis d’une pierre dans ma main.
Ces gestes ramènent au corps. À quelque chose de concret, de tangible.
Avec un cerveau atypique, certains gestes deviennent naturellement des appuis. Des mouvements répétitifs, des objets que l’on manipule, des textures qui apaisent. Les pierres ont progressivement pris cette place dans mon quotidien. Pas comme un rituel rigide, ni comme un objet auquel je prêterais un pouvoir bien précis, mais comme un support d’ancrage et d’apaisement. Un geste simple qui permet de ralentir, de revenir ici, à l’instant présent.
Après cette première expérience, dans un nouveau moment d’effondrement, c’est tout naturellement que j’ai choisi de faire entrer dans ma vie — en conscience cette fois-ci — de nouvelles pierres. En choisissant préalablement ce que je souhaitais travailler ou améliorer.
Ces pierres-là, je les ai intégrées dans mon environnement. Plutôt comme des totems fixes.
Au fil du temps et de mon chemin, j’ai aussi remarqué que certaines pierres m’attiraient spontanément. La calcite bleue par exemple, avec son bleu très clair presque laiteux. Ce sont souvent ces teintes très douces qui captent mon regard. Les pierres que j’utilise au quotidien, je ne les choisis pas vraiment à partir de leurs propriétés. Je les choisis plutôt comme on choisit une couleur qui nous appelle, une texture, ou un objet qui nous touche sans qu’on sache encore très bien pourquoi. Et c’est la méthode que je préfère utiliser : l’intuition. Ce petit quelque chose que l’on ne peut pas vraiment expliquer.
Par leur présence, leur matière, leur simplicité, elles trouvent peu à peu leur place dans mon espace de vie. Sur une étagère, parfois près de moi quand j’écris, mais la plupart du temps simplement dans ma main, quelques instants.
Je ne sais pas dire si les pierres ont des vertus particulières. Ce que je sais en revanche, c’est ce qu’elles créent dans mon quotidien : un geste d’attention, un rappel discret à la présence, une manière de ramener le corps dans l’expérience quand l’esprit part trop loin.
La lithothérapie n’est pas devenue pour moi une vérité à défendre ni une pratique centrale. Elle est simplement l’un des chemins qui se sont ouverts dans ce parcours intérieur.
Une rencontre parmi d’autres. Un détail peut-être.
Mais un détail qui participe à ma propre construction et à ma manière, plus consciente, d’habiter et d’appréhender ce monde.
Parce que parfois, ce sont justement ces objets simples, presque anodins, qui nous rappellent doucement à nous-mêmes.
À notre rythme,
À notre présence,
À ce qui, au fond, ne demande qu’à être écouté.

