Habiter un corps qui change

J’ai déjà évoqué la question de l’apparence.

En partageant une perception très personnelle : ma sensibilité associe parfois la féminité à certaines formes du corps.

Ce n’est ni une vérité, ni une règle.
Seulement une sensibilité.

Pourtant, dans mon rapport à moi-même, certaines transformations de mon corps restent difficiles à accepter : prendre du poids, voir apparaître un peu de ventre, sentir des formes que je juge parfois disharmonieuses.

Et c’est là que le paradoxe apparaît.

Parce que je peux trouver certaines femmes plus rondes absolument sublimes.
Pas malgré leurs formes.
Mais à travers elles.

Peut-être parce que j’y perçois une harmonie.

Alors la question se pose :
et si ce que nous appelons « beauté » n’était finalement qu’une question de sensibilité ?

Car ce qui me dérange, au fond, n’a peut-être rien à voir avec les chiffres.

Je n’ai même pas de balance chez moi.
La question du poids est donc assez simple à régler.

Ce n’est pas non plus une question de tour de taille.

Ce qui me trouble davantage, je crois, c’est la matière même du corps.
La texture de la peau.
La façon dont le corps circule, respire, se transforme.

Pendant longtemps, j’ai cru que ce qui me dérangeait était une question de chiffres.

Mais en réalité, ce n’est pas tout à fait ça.

Il m’arrive de me sentir très bien dans un corps mince, et pourtant d’avoir du mal à me mettre en maillot.
Pas parce que je me trouve grosse.

Mais parce que je me sens grasse.

Comme si mon corps n’était pas complètement lisse.
Comme s’il était parfois dense, irrégulier.

Et je sais que beaucoup de femmes connaissent cette sensation.
La rétention d’eau, la cellulite, les variations hormonales peuvent transformer la peau, parfois en quelques jours seulement.

Mais je tiens à le dire clairement : une femme qui a de la cellulite n’est pas une femme « imparfaite ».

C’est simplement une femme qui a un corps vivant.

Un corps qui bouge.
Un corps qui réagit.
Un corps qui traverse.

De mon côté, avec l’endométriose, ces variations font partie de mon quotidien.
Ballonnements, ventre qui gonfle, visage plus plein, chevilles plus lourdes lorsque la chaleur arrive.

Et ce qui me déstabilise parfois, ce n’est pas tant l’apparence. C’est la vitesse à laquelle le corps peut changer.

Pouvoir porter un 36 le jeudi matin et ne plus réussir à fermer un 38 quelques jours plus tard.

Acheter un vêtement avec plaisir…
et ne plus pouvoir le porter trois semaines après parce que le corps s’est déjà transformé.

Alors je me demande parfois : Le plus difficile, finalement, n’est-ce pas cela ? Un corps qui évolue si vite que l’on n’a pas toujours le temps de s’y adapter.

Le corps féminin est profondément cyclique.


Les hormones influencent nos tissus, notre énergie, notre digestion, notre peau.

Mais ces transformations restent parfois difficiles à accueillir, même lorsque l’on en comprend l’origine.

Je n’ai pas de solution miracle à partager.

Il y a encore des jours où je n’aime pas mon corps.
Des jours où je le trouve lourd, maladroit, trop plein.

Dans ces moments-là, j’essaie simplement de me rappeler que tout cela passe. Que le corps n’est pas figé. Qu’il respire, fluctue, se transforme. J’essaie aussi de ne plus entrer en lutte avec lui.

Je m’écoute vraiment.

Parce qu’au fond, malgré les régimes, malgré le sport, malgré la discipline…
le corps fera toujours ce qu’il a besoin de faire.

Et peut-être que ce n’est pas une fatalité.

Peut-être que c’est simplement le mouvement naturel de la vie.

C’est aussi pour cela que le minimalisme vestimentaire ne me correspond pas totalement.
Pour composer avec ces variations, j’ai des vêtements dans plusieurs tailles.

Pas par excès. Mais par douceur envers moi-même.

Parce que certains matins sont déjà assez difficiles pour ne pas ajouter à cela la sensation de ne rien avoir à se mettre.

Alors j’ai envie de vous dire ceci…

Mesdames, Mesdemoiselles,

La taille, le poids, les mesures ne sont que des chiffres.

Habillez-vous selon votre propre énergie intérieure.

Parfois cela signifie avoir plusieurs options dans son dressing.
- Et ce n’est pas une invitation à consommer davantage.-

C’est simplement une invitation à rester en accord avec soi-même en douceur.

Car au fond, le plus important n’est pas la taille du vêtement.

Le plus important…
c’est de vous sentir bien là où vous êtes – dans votre corps.