E.01

Méditer sans le chercher

30 mars 2026

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À la base, ce n’était pas une méditation.

Cervicales bloquées.
Douleurs.
Traitement.

J’avais acheté un tapis de yoga quelques semaines plus tôt, avec l’idée de me remettre au pilates, au yoga… Et puis mon corps a décidé autrement.

Alors le soir, au lieu de “pratiquer”, je m’allongeais juste dessus.
Sur le dos.
Sans objectif.
Pour relâcher un peu la pression.

C’était déjà beaucoup.

 Ce soir-là, j’avais enchaîné : boulot, consultation médicale contrariante, discussion personnelle du même ordre.

Trop de bruit.

Donc j’ai fait l’inverse.

Je suis rentrée.
J’ai coupé.
Téléphone en mode avion.
Pas de télé.
Pas de lumière.
Juste des bougies.

Une douche.
Et puis mon tapis.

Je me suis mise en position…
recroquevillée, genoux au sol, le haut du corps penché vers l’avant.
(Je ne connaissais même pas le nom de la posture.)

J’ai fermé les yeux.

Et je suis « partie ».

Quand j’ai rouvert les yeux, 1h30 s’était écoulée.

Sans que je m’en rende compte.

J’ai vécu quelque chose de… difficile à décrire.

À la fois irréaliste, et profondément réel.

J’étais dedans.
Actrice et vivante.

Je me suis couchée ce soir-là calme, détendue, alignée.

Et je n’ai pas recommencé. Pas tout de suite.

Je marchais.
Je ressentais.
Le contact des cailloux.
Le froid de l’eau.

Pendant presque trois semaines, je n’ai pas voulu y retourner. Pas par désintérêt. Par appréhension.

Ce n’était pas “imaginer”.
C’était comme vivre d’une autre façon.

De ne pas retrouver cet état. De casser quelque chose.

18 avril 2026

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J’ai réessayé.

Matin ensoleillé.
10h.
Sur ma terrasse.
En pyjama.
Pas de contrariété.
Du bruit autour.

Un contexte différent.

Et ça se sentait.

J’ai d’abord essayé une méditation guidée.
J’ai tenu 10 minutes.

La voix m’agaçait. Alors j’ai coupé.

J’ai mis un casque, une musique de méditation.
Je me suis allongée sur le dos, face au ciel.

Mais rien n’était pareil.

Et, doucement, c’est revenu.

Mais autrement.

Cette fois, je n’étais plus actrice.

J’étais spectatrice.

Toujours immergée. Mais sans sensations physiques.

Comme si je regardais, au lieu de vivre.

Comme si j’étais témoin.

Et à la fin, la même chose.

Le calme. L’apaisement. Une forme d’alignement.

Mais aussi quelque chose en plus : des questions.

Parce que ce que j’avais vécu cette fois-ci me paraissait encore plus irréel.

Et en même temps, ça ne l’était pas.

Je ne sais pas encore ce que c’est.

Pourtant, quelque chose agit,

Bouge en moi à chaque fois.

Sans que je le comprenne complètement.

On me dira plus tard qu’il n’est pas nécessaire de tout comprendre…